Poème
La nuit m’est courte, et le jour trop me dure
La nuit m’est courte, et le jour trop me dure, Je fuis l’amour, et le suis à la trace, Cruel me suis, et requiers votre grâce, Je prends plaisir au tourment, que j’endure. Je vois mon bien, et mon mal je procure, Désir m’enflamme, et crainte me rend glace, Je veux courir, et jamais ne déplace, L’obscur m’est clair, et la lumière obscure. Vôtre je suis et ne puis être mien, Mon corps est libre, et d’un étroit lien Je sens mon cœur en prison retenu. Obtenir veux, et ne puis requérir, Ainsi me blesse, et ne me veut guérir Ce vieil enfant, aveugle archer, et nu.
Commentaires (4)
C'est vraiment magnifique !
Penseur de nuit --------- Un sombre esprit dans une tête dure, De ce penseur nous n’avons nul écrit ; Des grands auteurs sans doute il est épris, Et ce sont là des amours qui perdurent. Assez souvent un livre il se procure, De ceux qu’il sait trouver à petit prix ; Dans sa cellule il les met à l’abri, Qui chaque jour est un peu plus obscure. Cet érudit n’a guère d’autres biens, Avec le monde il tisse peu de liens ; De plus en plus lui plaît la solitude. En son jeune âge, il aimait acquérir De ces savoirs qui ne peuvent périr ; Ça suffisait à sa béatitude.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2020/07/28/penseur-de-nuit/
Oiseau de nuit ---------- Je n’ai cure de la froidure, Car j’ai mon beau plumage gris ; L’oiselle dont je fus épris Trouvait belle cette parure. Quelques rongeurs je me procure, Que Dieu nous offre à petit prix ; Je les extrais de leurs abris, Je mets fin à leur vie obscure. Je ne fais le mal ni le bien, Je n’entretiens guère de liens, Mais ne vis pas en solitude. J’ai vécu sans rien acquérir, Et cependant, sans dépérir, Malgré quelques incertitudes.
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