Poème
Ces cheveux d’or, ce front de marbre
Ces cheveux d’or, ce front de marbre, et celle Bouche d’œillets, et de lis toute pleine, Ces doux soupirs, cette odorante haleine, Et de ces yeux l’une, et l’autre étincelle, Ce chant divin, qui les âmes rappelle, Ce chaste ris, enchanteur de ma peine, Ce corps, ce tout, bref cette plus qu’humaine Douce beauté si cruellement belle, Ce port humain, cette grâce gentille, Ce vif esprit, et ce doux grave style, Ce haut penser, cet honnête silence, Ce sont les haims, les appâts, et l’amorce, Les traits les rets, qui ma débile force Ont captivé d’une humble violence.
Commentaires (2)
Pas de plus fort poison dans l'univers, J'en avais fait cependant mon breuvage. J'étais au point d'y perdre mon langage ; J'allais cherchant mes mots tout un hiver Et au printemps qu'arbres se refont verts, Et que d'Amour une saison sauvage A propagé le feu dans ces parages, Amour que j'ai, alors, redécouvert. J'ai célébré chacun de tes retours. Plus fort que moi se montrait cet amour Sous le soleil et sous la lune claire. Toujours tes mots faisaient chanter mes mots, Et c'est ta voix qui soulageait mes maux, Tendre princesse aux yeux crépusculaires.
Obélisque sous la lune ---------- Mon corps est gris, mon chef n’est plus doré, La lune bleue de son éclat m’honore ; Un texte saint sur moi se lit encore, Parlant aux dieux autrefois adorés. Moi, j’ai connu leurs temples colorés Où le Faucon son fier soleil arbore ; J’ai vu le mur rougissant à l’aurore, J’ai vu l’ibis au matin picorer. J’ai vu la Reine allant cueillir des roses, J’ai vu le scribe alignant de la prose ; Ce furent là d’autres temps, d’autres cieux. Ici aussi, de vastes promenades, Les bâtisseurs ont oeuvré de leur mieux ; Ça ne vaut pas mon ancienne esplanade.
Connecte-toi pour laisser un commentaire.