Poème
De grand’ beauté ma Déesse est si pleine
De grand’ beauté ma Déesse est si pleine, Que je ne vois chose au monde plus belle. Soit que le front je vois, ou les yeux d’elle, Dont la clarté sainte me guide, et mène. Soit cette bouche où soupire une haleine, Qui les odeurs des Arabes excelle, Soit ce chef d’or, qui rendrait l’étincelle Du beau Soleil honteuse, obscure, et vaine. Soient ces coteaux d’albâtre, et main polie, Qui mon cœur serre, enferme, étreint, et lie, Bref, ce que d’elle on peut ou voir, ou croire, Tout est divin, céleste, incomparable : Mais j’ose bien me donner cette gloire, Que ma constance est trop plus admirable.
Commentaires (3)
Toujours un amoureux a plus qu'il ne mérite.
Océan magique -------------------- Cet océan de magie est si plein Qu'il en surgit les formes les plus belles ; Le vieux conteur ne peut se lasser d'elles, Vieil océan au pouvoir plus qu'humain ! Un cheval naît de ton monde salin Qui aussitôt à fendre l'air excelle ; Dans son regard, je vois une étincelle Que l'univers n'y plaça pas en vain. Cheval dansant sur le rocher poli, Par toi seront des monstres abolis, Je le devine, et donc je le veux croire ; Et moi, je fais ce bien modeste écrit Car je ne sais lancer les vaillants cris De Du Bellay, quand il a dit ta gloire.
Fleur modeste ------------ M’ouvrant du jour au lendemain, Je ne sais pas si je suis belle ; La rose est vraiment sûre d’elle, Dans son bel habit de carmin. Je découvre ce vieux jardin, J’y suis la petite nouvelle ; Sur d’autres fleurs je prends modèle, Car je voudrais plaire aux humains. Un oiseau survient, très poli, Qui dit un poème joli ; Puis à la fontaine il va boire. Un autre oiseau lance son cri Qui ne peut guère être décrit ; Il m’aime aussi, j’ose le croire.
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