Poème
Valvins
par Paul VALÉRY
Si tu veux dénouer la forêt qui t’aère Heureuse, tu te fonds aux feuilles, si tu es Dans la fluide yole à jamais littéraire, Traînant quelques soleils ardemment situés Aux blancheurs de son flanc que la Seine caresse Émue, ou pressentant l’après-midi chanté, Selon que le grand bois trempe une longue tresse, Et mélange ta voile au meilleur de l’été. Mais toujours près de toi que le silence livre Aux cris multipliés de tout le brut azur, L’ombre de quelque page éparse d’aucun livre Tremble, reflet de voile vagabonde sur La poudreuse peau de la rivière verte Parmi le long regard de la Seine entr’ouverte.
Commentaires (3)
Si tu veux composer un sonnet qui s'aère, Fais-le sans réfléchir, fais-le décontracté Sans y mettre, surtout, nul effet littéraire, Fais-le comme un refrain négligemment chanté. L'esprit, se souvenant d'une ancienne caresse, Compose un petit air au soleil de midi ; Et le public reprend ces quelques mots qu'il tresse Et que jusqu'ici nul rhapsode n'avait dits. Quant au sens qu'un quatrain ou qu'un tercet délivre, Il n'en aura pas plus que l'uniforme azur, pas plus qu'un graffiti sur la tranche d'un livre. Car ce n'est qu'un reflet léger qui tremble sur La pelouse qu'avril s'occupe à rendre verte, Que la rumeur des voix par la porte entrouverte.
Tout à fait d'accord et bien joliment dit. Pas mal, ce "reflet leger" du sonnet de P. VALERY.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/08/14/paul-voit-une-foret/
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