Poème
Au Bois Dormant
par Paul VALÉRY
La princesse, dans un palais de rose pure, Sous les murmures, sous la mobile ombre dort, Et de corail ébauche une parole obscure Quand les oiseaux perdus mordent ses bagues d’or. Elle n’écoute ni les gouttes, dans leurs chutes, Tinter d’un siècle vide au lointain le trésor, Ni, sur la forêt vague, un vent fondu de flûtes Déchirer la rumeur d’une phrase de cor. Laisse, longue, l’écho rendormir la diane, Ô toujours plus égale à la molle liane Qui se balance et bat tes yeux ensevelis. Si proche de ta joue et si lente la rose Ne va pas dissiper ce délice de plis Secrètement sensible au rayon qui s’y pose.
Commentaires (1)
Azur et candeur ---------- Au coeur du terrain vague est une fleur très pure Qui veille chaque nuit sur l’herbage qui dort ; Elle aime méditer dans les heures obscures, Il lui plaît de rêver, aussi, au soleil d’or. Elle a toujours mené sa vie sans aventures, Pas de voyage en mer, pas de chasse au trésor ; Mais elle entend souvent courir des créatures Que le chasseur poursuit en sonnant de son cor. Quand l’automne survient, ses voisines se fanent, Que recueillent parfois les korrigans qui glanent ; Ils marchent lentement sous le ciel qui pâlit. Elle écoute les mots du prince et de sa rose, Ainsi que du serpent qui jamais ne faiblit ; Jamais on n’entendit plus savoureuse prose. -------------------------------------------------------------- https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/08/05/le-serpent/
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