Poème
Une résurrection
par Maurice ROLLINAT
Autrefois, un pauvre arbre, au coin d'une prairie, M'avait toujours frappé les yeux Par son dénudé soucieux Et par l'air écrasé de sa sommeillerie. Or, après bien des ans, ce soir, je le retrouve. Et, c'est un ébahissement Tout mêlé d'attendrissement. Comme un trouble ravi qu'à son aspect j'éprouve. Car, maintenant, pour l'oeil, le serpent de la sève Qui tette les rameaux, les étouffe et s'y tord, Le gui, lui rend la vie en aggravant sa mort ! Et l'arbre repommé, débrouillassé d'ennuis, Gaillardement vert jaune, orgueilleux se relève, Semblant tout revêtu d'un feuillage de buis.
Commentaires (1)
Miroitement ------------- Le lion et ses reflets dansent dans la prairie, Je n’ai jamais vu ça, je n’en crois pas mes yeux. Un mouton, d’ordinaire, est présent en ce lieu, Mais il reste, aujourd’hui, près de la bergerie. Des oiseaux de sinople, où le vent les charrie, Traversent le pays, criant à qui mieux mieux. Vers ce beau pâturage, ils descendent des cieux, On dirait que leur chair est grassement nourrie. Un reflet s’agrandit, se déforme et se tord, Un oiseau vert sursaute et pousse un cri de mort Qu’un vieil arbre perçoit au profond de sa sève. Tais-toi donc, dit le lion, nous aurions des ennuis ; L’oiseau, perdant sa voix face au reflet qui luit, Prend son cap sur le nord, et dans les airs s’enlève.
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