Poème
A l'aube
par Maurice ROLLINAT
Brûlé par l'énorme lumière Irradiant du ciel caillé, - Stupéfait, recroquevillé, Hâlé, sali par la poussière, Le pauvre paysage mort Se ranime à l'heure nocturne, Et puis, murmurant taciturne, Extasié, rêve et s'endort. La bonne ombre le rafraîchit ; Et toute propre resurgit Sa mélancolique peinture. Avec l'aurore se levant, La rosée, au souffle du vent, Pleure pour laver la nature.
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Voracité d’une coccinelle ------------------------------- Se nourrit-elle de lumière Ou de fine poussière d’or ? Elle apporte plutôt la mort À la foule puceronnière. Boit-elle des litres de bière Ou des alcools plus ou moins forts ? Elle abreuve plutôt son corps De fine rosée printanière. Ce breuvage la rafraîchit ; Et de l’herbage elle surgit Pour s’envoler à l’aventure. Vers le firmament s’élevant, La coccinelle dans le vent Semble régner sur la nature.
Sagesse d’un dolmen ---------- Le dolmen capte la lumière ; Le druide, avec sa serpe d’or, Découpe un rameau de bois mort À moitié recouvert de lierre. Le barde boit un peu de bière, Il chante aussi, mais pas trop fort ; Et le dolmen emplit son corps De chaude énergie printanière. Vers le soir, il se rafraîchit, Surtout quand la lune surgit ; Un démon par là s’aventure. Vers les étoiles s’élevant, Un menhir, dressé dans le vent, Domine la verte nature.
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