Poème
Extase du soir
par Maurice ROLLINAT
Droits et longs, par les prés, de beaux fils de la Vierge Horizontalement tremblent aux arbrisseaux. La lumière et le vent vernissent les ruisseaux. Et du sol, çà et là, la violette émerge. Comme le ciel sans tache, incendiant d'azur Les grands lointains des bois et des hauteurs farouches, La rivière, au frisson de ses petites mouches, A dormi, tout le jour, son miroitement pur. Dans l'espace, à présent voilé sans être sombre, Des morceaux lumineux joignent des places d'ombre, Du ciel frais tombe un soir bleuâtre, extasiant. Et, tandis que, pâmé, le peuplier s'allonge, Le soleil bas, dans l'eau, fait un trou flamboyant Où le regard brûlé s'abîme avec le songe.
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Extase du hérisson ------------------- Petit être amoureux d’une déesse vierge, Il se trouve auprès d’elle un humble vermisseau ; Il lui offre un poisson qu’il tira du ruisseau, Lequel imprudemment passa près de la berge. La déesse préfère un gigot de l’auberge, Elle qui se nourrit surtout de fins morceaux ; Pour un astral Poisson, pour son voisin Verseau, Elle n’exige point qu’on allume des cierges. L’âme du Hérisson jamais ne devient sombre, Lui qui n’est pas surpris de se trouver dans l’ombre ; Tu ne le verras point courir en aboyant. Il sait se contenter des insectes qu’il ronge, Puisque, finalement, son amour n’est qu’un songe.; Il en garde pourtant le reflet flamboyant.
Sagesse hérissonnière ------------- L'amour impossible C'est sans doute le plus pur, Et plein de piquant(s).
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2021/03/08/extase-du-herisson/
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