Poème
Un gentilhomme...
par Francis JAMMES
De l'Angélus de l'aube à l'Angélus du soir
« Le rieur alors, d’un ton sage, Dit qu’il craignait qu’un sien ami, Pour les grandes Indes parti N’eût depuis un an fait naufrage. » JEAN DE LA FONTAINE. L. VIII. f. viii. Un gentilhomme, qui fuit la Cour et ses brigues, Donne un repas dans ces beaux lieux si reculés... Un vieux jour d’après-midi vert tombe sur les Plats dont le Bois et la Mer ont été prodigues. Maints âgés Céladons qu’a congestionnés Une Églé demi-nue et prenant son remède, Sous la perruque lourde et quelque opiat mède Des crus du Bourguignon se rougissent le nez. Tout à coup, un rieur fait silence. Et son geste Témoigne d’un inénarrable étonnement. — Par Neptune ! fait-il... Le liquide Élément A des hôtes... La preuve en est ici... Ha ! Peste !... Et ses doigts gras et blancs, tout alourdis d’anneaux, Portent à son ouïe empoudrée une énorme Dorade. Puis il dit : Vers l’Inde aux gens difformes, Un mien ami s’en fut, au gré des vastes eaux... ... Et ce poisson raconte à l’oreille étonnée Que ce beau chevalier, qu’aima la Véranchol, Aujourd’hui, devenu l’Empereur du Mogol, Goûte, à l’ombre, une vie aimable et fortunée. 1897.
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