Poème
Au moulin du bois froid...
par Francis JAMMES
De l'Angélus de l'aube à l'Angélus du soir
À F. Rosenberg Au moulin du bois froid où coule de l’eau claire, près des rochers, il y a de la fougère. Tout près du bois bleu, une jeune fille blonde lavait le linge et l’eau coulait à l’ombre. Et elle avait retroussé sa robe assez haut : on voyait ses jambes blanches dans l’eau. Et les chemins étaient frais, étroits, mauvais, noirs, comme si ç’avait été le soir. Les chênes ronds et durs empêchaient la chaleur et, sur la mousse, il y avait des fleurs. Nous marchions sur les petits cailloux des sentiers, près des ronces rouges, des églantiers. Parce qu’on dépiquait du froment, la batteuse ronflait au soleil sur la paille creuse. Mais je repasserai dans le bois où dans l’eau une fille fraîche a la robe haut. J’irai sur la noire et violette bruyère couper avec effort de la fougère. Est-ce que la nuit, quand il y a des étoiles, elle lave encore au ruisseau ses toiles ? Pourquoi cela ? — Bah ! sur la bruyère violette, sur la fille chantera l’alouette. Et je repasserai dans le bois où dans l’eau cette fille blanche a la robe haut. 1889.
Commentaires (3)
Francis en terrasse -------------------------- Francis a bu de l'eau claire Dans la ville de Fougères ; Et pas mal de bière blonde Dans plusieurs quartiers de Londres. La sagesse au fond de l'eau, La folie aux autres flots : Le ciel clair ou le ciel noir, Toujours Francis garde espoir. Il aime la tenancière Dans la ville de Fougères ; C'est ce qu'il chante aux étoiles, Dans son costume de toile, C'est ce qu'il chante aux violettes, Dans son langage obsolète. Plus douce encore que l'eau Est la fraîcheur de ses mots.
Herbe de François d’Assise ________ L’automne dépouille Le riche et le puissant arbre, Mais pas la fougère.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2014/06/22/francis-en-terrasse/
Connecte-toi pour laisser un commentaire.