Poème
Soirs d'automne
par Émile NELLIGAN
Émile Nelligan et son œuvre - Eaux-Fortes Funéraires
Voici que la tulipe et voilà que les roses, Sous les gestes massifs des bronzes et des marbres, Dans le Parc où l'Amour folâtre sous les arbres, Chantent dans les longs soirs monotones et roses. Dans les soirs a chanté la gaîté des parterres Où dans un clair de lune en des poses obliques, Et de grands souffles vont, lourds et mélancoliques, Troubler le rêve blanc des oiseaux solitaires. Voici que la tulipe et voilà que les roses Et les lys cristalins, pourprés de crépuscule, Rayonnent tristement au soleil qui recule, Emportant la douleur des bêtes et des choses. Et mon amour meurtri, comme une chair qui saigne, Repose sa blessure et calme ses névroses. Et voici que les lys, la tulipe et les roses Pleurent les souvenirs où mon âme se baigne.
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