Poème
Le Corbillard
par Émile NELLIGAN
Émile Nelligan et son œuvre - Eaux-Fortes Funéraires
Par des temps de brouillard, de vent froid et de pluie, Quand l'azur a vêtu comme un manteau de suie, Fête des anges noirs! dans l'après-midi, tard, Comme il est douloureux de voir un corbillard, Traîné par des chevaux funèbres, en automne, S'en aller cahotant au chemin monotone, Là-bas vers quelque gris cimetière perdu, Qui lui-même, comme un grand mort gît étendu! L'on salue, et l'on est pensif au son des cloches Élégiaquement dénonçant les approches D'un après-midi tel aux rêves du trépas. Alors nous croyons voir, ralentissant nos pas, À travers des jardins rouillés de feuilles mortes, Pendant que le vent tord des crêpes à nos portes, Sortir de nos maisons, comme des coeurs en deuil, Notre propre cadavre enclos dans le cercueil.
Commentaires (3)
Galère du barde ---------------- Nelligan va sous la pluie ; Dur est le temps qu'il essuie, Il se sent, pauvre routard, Un vilain petit canard. De ces tristes jours d'automne, La musique est monotone ; Le barde se sent perdu Aux chemins trop étendus. Tantôt le son de la cloche S'éloigne, et tantôt s'approche, Ce pendant que le trépas, Certes, ne s'éloigne pas. Puisque nos amours sont mortes, Il faut refermer nos portes Et rapprocher nos fauteuils De la cheminée en deuil.
"Cependant" en un seul mot.
Emile Nelligan le plus grand poète Québécois à mes yeux
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