Poème
Renaissance
par René-François SULLY PRUDHOMME
Je voudrais, les prunelles closes, Oublier, renaître, et jouir De la nouveauté, fleur des choses, Que l'àge fait évanouir. Je resaluerais la lumière, Mais je déplierais lentement Mon âme vierge et ma paupière Pour savourer l'étonnement ; Et je devinerais moi-même Les secrets que nous apprenons ; J'irais seul aux êtres que j'aime Et je leur donnerais des noms ; Émerveillé des bleus abîmes Où le vrai Dieu semble endormi, Je cacherais mes pleurs sublimes Dans des vers sonnant l'infini ; Et pour toi, mon premier poème, O mon aimée, ô ma douleur, Je briserais d'un cri suprême Un vers frêle comme une fleur. Si pour nous il existe un monde Où s'enchaînent de meilleurs jours, Que sa face ne soit pas ronde, Mais s'étende toujours, toujours... Et que la beauté, désapprise Par un continuel oubli, Par une incessante surprise Nous fasse un bonheur accompli.
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Deux petits dragons verts ----------------------------- Les dragons, prunelles mi-closes, Nous les voyons se réjouir De l'air du temps, de pas grand-chose, Des fleurs qu'on voit s'épanouir. L'enfant leur montre la lumière, Leurs yeux se tournent lentement ; Ils plissent un peu les paupières Pour marquer leur étonnement ; Leur parle la mère elle-même Que pour divine nous tenons. Ils lui consacrent ce poème Qu'ils ont signé de leurs deux noms.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2016/09/14/deux-petits-dragons-verts/
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