Poème
La chanson de l'air
par René-François SULLY PRUDHOMME
A l'Air, le dieu puissant qui soulève les ondes Et fouette les hivers, A l'Air, le dieu léger qui rend les fleurs fécondes Et sonores les vers, Salut ! C'est le grand dieu dont la robe flottante Fait le ciel animé ; Et c'est le dieu furtif qui murmure à l'amante : "Voici le bien-aimé." C'est lui qui fait courir le long des oriflammes Les frissons belliqueux, Et qui fait voltiger sur le cou blanc des femmes Le ruban des cheveux. C'est par lui que les eaux vont par lourdes nuées Rafraîchir les moissons, Qu'aux lèvres des rêveurs s'élèvent remuées Les senteurs des buissons. Il berce également l'herbe sur les collines, Les flottes sur les mers ; C'est le breuvage épars des feuilles aux poitrines, L'esprit de l'univers. Il va, toujours présent dans son immense empire En tous lieux à la fois, Renouveler la vie à tout ce qui respire, Hommes, bêtes et bois ; Et dans le froid concert des forces éternelles Seul il chante joyeux, Errant comme les coeurs, libre comme les ailes, Et beau comme les yeux !
Commentaires (3)
C'est l'amitié qui fait, dans sa bonté profonde, Qu'on n'a pas froid l'hiver. * Et c'est elle qui rend la parole féconde Et flamboyants les vers. * C'est elle qui nous guide en cette vie flottante, En ce monde animé. * C'est par elle qu'un coeur se souvient d'une amante Ou d'un coeur bien-aimé. * C'est elle qui fait battre au gré des oriflammes Les regards belliqueux, * Et qui fait voltiger sur le cou blanc des femmes Les algues des cheveux. * Par elle, les chagrins sont en lourdes nuées Livrés à la moisson. * Les phrases d'un ami nous viennent, remuées, Comme autant de frissons. * L'amitié nous conduit sur les noires collines Ou sur la vaste mer. * C'est le murmure ardent de la source divine, L'esprit de l'univers. * C'est la joie qui grandit dans son immense empire, En tous lieux à la fois, * Redonnant la confiance à tout ce qui respire, Et à tout ce qui voit. * Et dans le froid concert des forces éternelles, Porter un chant joyeux, * Sautant comme un danseur, vibrant comme des ailes, Et beau comme des yeux !
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/10/05/chanson-de-lamitie/ ainsi que https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/10/06/chanson-du-pinard/ et aussi https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/09/21/chant-de-reconnaissance-a-la-femme-adultere/
Chant de reconnaissance à la femme adultère https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/09/21/chant-de-reconnaissance-a-la-femme-adultere/ Femme de mon voisin, dans ta bonté profonde, J’ai trouvé un abri, je n’ai pas froid l’hiver. C’est toi qui as rendu ma parole féconde Et joyeux mes écrits, et flamboyants mes vers. C’est toi qui me conduis au coeur du vaste monde, Et me fais découvrir des endroits fort divers ; C’est par toi que j’acquis la lyre vagabonde Chantant combien le pré d’un autre homme est plus vert. C’est toi qui fais combattre au gré des oriflammes, À coups de revolver ou à grands coups de lames Les hommes devenus de grands coqs belliqueux, Qui ris de leur malheur d’un beau rire sans âme Et qui fais voltiger sur ton cou blanc de femme L’or aux mille reflets de tes si longs cheveux.
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