Poème
Printemps de guerre
par Charles VILDRAC
J'étais boueux et las Et le soir dans les bois M'étreignait la poitrine. Je m'étais étendu Sur un sombre tapis D'herbes froides et lisses. Un papillon d'argent Errait dans l'air inerte Avant d'aller mourir. Des troncs d'arbres gisaient Sciés depuis l'hiver ; Mais il surgissait d'eux Des pousses condamnées, De tendres pousses vertes Qui regardaient le ciel Et croyaient au bonheur. Pour le coeur, nul repos Pour l'âme, nul sourire Que celui de la mort ! Je me suis relevé. J'ai regardé, stupide. L'herbe longue brisée par le poids de mon corps. Je me suis mis en marche.
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