Poème
Numphe émue
par Raymond RADIGUET
De ta tête, ôte ce panier Naguère débordant de fraises, C’est en prendre trop à son aise, Tant bien que mal, nymphe, élevée. Car sur les cendres de tes fraises Les bravos ont fait relever La tulle du lit où repose La source d’hier, qui se tut. Nymphe, m’apprivoisent tes cuisses, Tes jambes à mon cou, statue, Je courrais comme ondes bondissent, Et arrivant en bas se tuent. (Obligé qui voudrait y boire Biche, de se mettre à genoux.) Nymphe pensionnaire des bois Me conviant à ce goûter, Pour que commodément je puisse Tes sauvages fraises brouter, Demande aux ronces de ces bois De lever ton tablier noir : Ardeur de cheminée, à nous Forestière tu te révèles, Ton feu je l’allume à genoux Comme aux sources lorsqu’on y boit.
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