Poème
Automne
par Raymond RADIGUET
Tu le sais, inimitable fraise des bois Comme un charbon ardent aux doigts de qui te cueille : Leçons et rires buissonniers Ne se commandent pas. Chez le chasseur qui la met en joue L’automne pense-t-elle susciter l’émoi Que nous mettent au cœur les plus jeunes mois ? Blessée à mort, Nature, Et feignant encor D’une Ève enfantine la joue Que fardent non la pudeur mais les confitures Ta mûre témérité S’efforce de mériter La feuille de vigne vierge.
Commentaires (1)
Porte vers l’automne -------- Tu dois me franchir chaque année, C’est ainsi, tu n’y coupes pas ; Les astres marchent d’un bon pas, Sans égards pour les fleurs fanées. Saison des chansons surannées, Parlant d’amour et de trépas ; Saison des funèbres repas Et des anecdotes glanées. Du ciel froid, du ciel orageux, Et plusieurs arbres, à ce jeu, Risqueront de perdre leurs feuilles. Vent d’Aquitaine ou vent d’Armor, Le vent vient sans que tu le veuilles, Vent de vendange ou vent de mort.
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