Poème
Naissance de Vénus
par Paul VALÉRY
De sa profonde mère, encor froide et fumante, Voici qu’au seuil battu de tempêtes, la chair Amèrement vomie au soleil par la mer, Se délivre des diamants de la tourmente. Son sourire se forme, et suit sur ses bras blancs Qu’éplore l’orient d’une épaule meurtrie, De l’humide Thétis la pure pierrerie, Et sa tresse se fraye un frisson sur ses flancs. Le frais gravier, qu’arrose et fuit sa course agile, Croule, creuse rumeur de soif, et le facile Sable a bu les baisers de ses bonds puérils; Mais de mille regards ou perfides ou vagues, Son oeil mobile mêle aux éclairs de périls L’eau riante, et la danse infidèle des vagues.
Commentaires (1)
Piaf-Tonnerre engloutit l'andouillette fumante Dont il sait savourer la délicate chair. Il se verse un godet de bon Entre-Deux-Mers Et voilà qu'à présent, plus rien ne le tourmente. Son sourire se forme ; il goûte le vin blanc Auquel son gosier trouve une saveur fleurie Et un éclat valant celui des pierreries. Au dessert, il prendra un grand morceau de flan. Ensuite il relira ce que de plus agiles Poètes ont écrit ; non pas des plus faciles, Ni de ceux qui auraient des accents puérils, Ni de ceux qui tiendraient des propos par trop vagues. Avec Paul Valéry, jamais de tels périls, Ses phrases vont dansant, majestueuses vagues.
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