Poème
N
par Paul ÉLUARD
I À quoi penses-tu ? Je pense au premier baiser que je te donnerai. II Baisers semblables aux paroles du rêveur Vous êtes au service des forces inventées. III Aux rues de petites amours Les murs finissent en nuit noire J’aime Et mes rideaux sont blancs. IV Sans éclat et douce à son nid Elle apparaît dans un sourire. V Le 21 du mois de juin 1906 À midi Tu m’as donné la vie. VI J’ai dit facile et ce qui est facile C’est la fidélité. VII Il faut la voir au dur soleil grevé de roches inaccessibles Il faut la voir en pleine nuit Il faut la voir quand elle est seule.
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