Poème
Derniers Instants
par Paul ÉLUARD
Bois meurtri bois perdu d’un voyage en hiver Navire où la neige prend pied Bois d’asile bois mort où sans espoir je rêve De la mer aux miroirs crevés Un grand moment d’eau froide a saisi les noyés La foule de mon corps en souffre Je m’affaiblis je me disperse J’avoue ma vie j’avoue ma mort j’avoue autrui.
Commentaires (4)
Bois flottant -------------- Je me laisse porter comme du bois qui danse Dans les eaux d'un torrent, vivement descendant, Heurté de toutes parts et calme, cependant : Presque pas de pensée, juste des évidences. D'autres objets flottants trouvent froides les ondes ; Or, ce n'est pas plus mal, cela nous engourdit, Le vacarme de l'eau, pour nous, est assourdi, Nous pouvons oublier que nous sommes au monde.
Saint Coquillard ---------- Errant dont l’âme fut meurtrie, C’est un vieillard un peu bancal ; Lui qui fut un bel animal, Il n’en reste que chair flétrie. Presque vide est son écurie, Il y somnole un vieux cheval ; Avec l’âge, il devient frugal Et peu lui chaut la pénurie. Son ange gardien, scrupuleux, Force son cerveau nébuleux À sortir de sa nuit brumeuse. Une écritoire en sa maison Dont il use en toutes saisons, Alignant des phrases fumeuses.
j'ai bien l'impression que nous sommes seuls sur le bateau; pas de capitaine à la manoeuvre! le site est-il dirigé par un fantôme, une Intelligence Artificielle? c'est à croire...le bateau dans ces conditions risque de vite couler !
... ou de devenir un vaisseau fantôme.
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