Poème
Du dedans
par Paul ÉLUARD
Premier commandement du vent La pluie enveloppe le jour Premier signal d’avoir à tendre La voile claire à nos yeux Au front d’une seule maison Au flanc de la muraille tendre Au sein d’une serre endormie Nous fixons un feu velouté Dehors la terre se dégrade Dehors la tanière des morts S’écroule et glisse dans la boue Une rose écorchée bleuit.
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Sphéro-ludique ---------------------- Frappant le ballon face au vent, Les attaquants font de leur mieux ; Mais le terrain est trop mouvant, Aussi, rien n'est clair à leurs yeux. La cage est-elle une maison ? Le gardien, peut-on le surprendre ? Combien a coûté ce gazon ? (Peut-être qu'il n'est pas à vendre). À la fin, le jeu se dégrade Du fait que notre espoir est mort ; Bordeaux est plus dur que Belgrade, Mais les Parisiens sont plus forts.
Une voile -------- La belle nef porte un archange, La barre est en de fermes mains ; Sur son invisible chemin Surgissent des récifs étranges. Intangible est le pain qu’il mange, Meilleur que celui des humains ; Sur son atlas en parchemin Les lignes et les formes changent. Le vin qu’il boit te rendrait ivre, Mais lui, ça l’aide juste à vivre ; Il a déjà franchi sa mort. Il s’endort sur un lit de flammes Et rêve d’une voix de femme Qui chante pour lui, pas trop fort.
Voiles et voiliers -------------- Au temps des marins téméraires, L’Océan fut illimité ; Dansant sur ses flots agités, Les voiliers en tous sens errèrent. À bord on était solidaire, Sur chacun tu pouvais compter ; Par nous fut Neptune dompté, Moi je dis qu’il fallait le faire. Vaisseau qui le soleil poursuit, Je narrerai, si je le puis, Tes découvertes bien étranges. L’homme a su dépasser les dieux ; À lui sont la terre et les cieux, La mer, les démons et les anges.
* * * ------ Le vent C’est la vie de la voile Et sa perdition
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