Poème
Les Vaines Danseuses
par Paul VALÉRY
Celles qui sont des fleurs légères sont venues, Figurines d’or et beautés toutes menues Où s’irise une faible lune... Les voici Mélodieuses fuir dans le bois éclairci. De mauves et d’iris et de nocturnes roses Sont les grâces de nuit sous leurs danses écloses. Que de parfums voilés dispensent leurs doigts d’or! Mais l’azur doux s’effeuille en ce bocage mort Et de l’eau mince luit à peine, reposée Comme un pâle trésor d'une antique rosée D’où le silence en fleur monte... Encor les voici Mélodieuses fuir dans le bois éclairci. Aux calices aimés leurs mains sont gracieuses; Un peu de lune dort sur leurs lèvres pieuses Et leurs bras merveilleux aux gestes endormis Aiment à dénouer sous les myrtes amis Leurs liens fauves et leurs caresses... Mais certaines, Moins captives du rythme et des harpes lointaines, S’en vont d'un pas subtil au lac enseveli Boire des lys l’eau frêle où dort le pur oubli.
Commentaires (1)
Charmeur de bestiaux ----------------------- Sur son cheval d'argent, le descendant d'Orphée Joue du bel instrument que lui donna la fée ; Dans le ciel de sinople, un canard fend les airs, Et dans le ciel d'azur, un poisson dit des vers. Offre-nous, cavalier, ta musique incertaine ; C'est un charme puissant pour les bêtes lointaines, Secret que le progrès n'a pas enseveli, Refrain que tu as su préserver de l'oubli.
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