Poème
Les pierres
par Maurice ROLLINAT
Par monts, par vaux, près des rivières, Les frimas font à volonté Des blocs d'ombre et d'humidité Avec le gisement des pierres. Sous le vert froid des houx, des lierres, Sous la ronce maigre, - à côté Du chardon dévioletté Cela dort dans les fondrières, Plein d'horreur et d'hostilité, Donnant aux brandes familières Une lugubre étrangeté. Mais sitôt qu'on voit les chaumières Refumer bleu dans la clarté, C'est le soleil ressuscité Qui refait couleurs et lumières, De la vie et de la gaieté Avec le gisement des pierres.
Commentaires (1)
Anomalie mégalithique --------------------------- Ce monument se tient près d’une ancienne mine ; Il n’est pas très subtil, mais il m’étonne un peu ; Car les blocs sont égaux, pièces d’un même jeu, Un filet de couleur sur chacun d’eux chemine. Sont-ce les korrigans, sous la lune d’hermine, Qui l’ont ainsi posé pour un étrange dieu ? Or, je n’y vois pourtant nulle trace de feu ; Ce qu’est ce tumulus, rien ne le détermine. Serait-ce le logis de la licorne folle, A-t-il enregistré ses fantasques paroles ? D’en entendre une ou deux, ça me ferait plaisir ! Ah, qu’il reste inconnu, ce monument de France, De tout savoir sur lui je n’ai pas le désir ; Mais ne prenez pas ça pour de l’indifférence.
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