Poème
Les meules de foin
par Maurice ROLLINAT
Tout le sol tondu ras des solitudes plates Dans un indéfini recul, toujours plus loin, S'étale montueux de ses meules de foin Où saigne le soleil croulé qui se dilate. Solennelle, pompeuse, avec la nuit qui poind, D'un morne extasié, leur masse rouge éclate, Puis, blêmissant, devient l'horizon spectre, et joint La ligne des cieux blancs de sa cime écarlate. Stagnant dans l'air croupi, ces meules en sommeil, Lentement, goutte à goutte, ont tari le soleil De ses pourpres de sang dont la dernière est bue. Maintenant, la hideuse et moite obscurité Comble, débosse, fond, brouille l'immensité Qui bâille l'ombre informe où s'engloutit la vue.
Commentaires (1)
Porte vers nulle part -------- Un vieux parchemin le relate : D’ici, tu ne peux aller loin. Ne reste donc pas dans ce coin, Quitte ces solitudes plates. Ici l’impermanence éclate, L’irréel au vide se joint; Évite ces lieux avec soin, Disent les lettres écarlates. Ici la vie est en sommeil, La lune tient lieu de soleil ; Le ciel est noir, la terre est nue. Préserve ton humanité, Garde-toi de la vanité ; N’emprunte pas cette avenue.
Connecte-toi pour laisser un commentaire.