Poème
L'eau coule...
par Francis JAMMES
De l'Angélus de l'aube à l'Angélus du soir
L’eau coule dans la boue et dans le bois, après la pluie. C’est maintenant que sont trempés les prés. Les merles vivent dans l’humidité des gaules qui servent à faire les paniers, gaules jaunes. J’ai bu au tuyau de fer de la source douce entouré de mousse en soleil transparent et de rouille. Je t’aurais aimée là, autrefois, près de la mousse, parce que tu avais une figure douce. Mais à présent, je souris en fumant ma pipe. Les rêves que j’ai eus étaient comme les pies qui filent. J’ai réfléchi. J’ai lu des romans et des vers faits à Paris par des hommes de talent. Ah ! Ils n’habitent pas auprès des sources douces où vont se baigner les bécasses en feuilles mortes. Qu’ils viennent avec moi voir les petites portes des maisons des bois abandonnées et crevées. Je leur montrerai les grives, les paysans doux, les bécassines en argent, les luisants houx. Alors ils souriront en fumant dans leur pipe, et, s’ils souffrent encore, car les hommes sont tristes, ils guériront beaucoup en écoutant les cris des éperviers pointus sur quelque métairie. 1894.
Commentaires (3)
Au fil de l'eau --------- Dans la friche est un ruisseau Et j’y vais remplir mon seau. Un merle, au milieu des feuilles, Voit des choses qu’il recueille. Au point le plus chaud du jour, Quand le soleil se fait lourd, Grand silence de la pie : Peut-être est-elle assoupie. Quand la vigne porte fruit, On entend d’étranges bruits, On ne sait ce qui arrive : C’est, tout simplement la grive. Mes lecteurs, si vous pouviez Planer, tels des éperviers, Vous survoleriez la friche Et d’images seriez riches !
Ce poème est très subtil !
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2014/10/02/au-fil-de-leau/
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