Poème
Le cri du coeur
par Maurice ROLLINAT
Rondement, Mathurin Mène dans sa carriole La Dame qui s'affole De filer d'un tel train. Elle crie au trépas ! Le vieux dit : " Not' maîtresse, N'soyez point en détresse Puisque moi j'y suis pas. Si y'avait du danger Vous m'verriez m'affliger Tout comm' vous, encor pire ! Pac'que, j'm'en vas vous dire : J'tiens à vos jours, mais j'tiens P'tèt' encor plus aux miens. "
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Le charretier est sage, Il parle calmement ; Il donne du courage À la dame en tourment. La dame, ayant confiance Au rassurant propos, Dans le char qui s'élance A le coeur en repos. Et bien souvent nos âmes, (Ainsi que cette dame) S'effarent en chemin ; Mais un rien les rassure, Un amical murmure, Le rire d'un humain.
Sagesse d’une locomotive -------------------------- Loco pleine d’entrain, Qui va, qui court, qui vole ; Dames sages et folles, Venez, prenez le train. Je chante ces quatrains En allant à l’école, Des mots que je bricole Et rien ne m’y contraint Les trains sont sans danger, Ils sont bien arrangés ; Jamais on n’y transpire. Vraiment, rien à redire ; Puisque ça roule bien, Je n’y ajoute rien.
Véhicule archaïque ---------- Une douce émotion étreint Ce garagiste bénévole Devant l’engin des Années Folles Qui fut un rival pour le train. Son rayon d’action est restreint, Il peut rouler jusqu’à l’école ; Un bon grand-père le bricole, Il est aimable et plein d’entrain. Je le conduis, non sans danger, Mais ne voudrais point l’échanger Ni le casser (ce serait pire). C’est confortable, on y respire Un vent qui nous refroidit bien, Même un peu trop (ça ne fait rien).
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