Poème
Le crapaud
Perdrix dont le cœur se tracasse En longeant le pré de colza, Aronde dont le chant se casse Sitôt que le vol se posa, Lézard dont le rayon traverse, Vert, le mur des abricotiers, Colimaçon des jours d’averse, Rose, au bord de tous les sentiers ; Nous connaissons votre manière De vivre, enfantine et légère, Mais vous, Crapaud, toujours si vieux, Est-ce vrai qu’une année entière Vous demeurez dans une pierre Avec du soleil dans les yeux ?
Commentaires (1)
Pour moi, si vite une année passe, Dit le crapaud, et c'est pour ça Que d'un an mon coeur ne se lasse. Car ce coeur toujours s'efforça Devant les maux, d'être de glace, Et lui que la douleur berça, Sachant toujours tenir en place, Contre le mal se renforça. je sais qu'il est d'autres manières De se rendre la vie légère ; Mais je n'en suis point envieux. Je dors dans mon berceau de pierre, Calme comme un buveur de bière Que l'âge rend insoucieux.
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