Poème
Ceci est mon testament
Je vous laisse, Ami cher, cette frivole estampe Que vous aviez trouvé me ressembler beaucoup ; La mèche de cheveux qui frisait sur ma tempe, Le pâle médaillon que je portais au cou. Et je vous laisse aussi ma robe en mousseline, Celle que vous aimiez ; mes souliers de satin ; Mon cœur de tous les jours ; et ces vers de Racine Que j’apprenais le soir pour les dire au matin. Je vous laisse mes gants et mon ombrelle rose ; Et je vous laisse encor – n’ayant rien autre chose – Tous mes petits rubans de toutes les couleurs ; Le livre que, pour vous, je lisais à la messe ; Le cher anneau d’argent, témoin de ma promesse… Et ma tombe légère avec toutes ses fleurs !
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Pour voyager dans l’inframonde ----------------------------------- La carte de ces lieux sur une grande estampe, La formule à tunnel, pour traverser les murs, L’éventail d’Osiris pour rendre l’air plus pur ; Petit fanal en poupe, en proue la grande lampe. Ne va pas près du mur où je ne sais quoi rampe ; Réponds par le silence aux grondements obscurs ; Invoque, s’il le faut, la licorne d’azur : Car plus d’un démon fuit les monstres de sa trempe. N’éprouve nulle peur si l’ombre devient rose, Car c’est juste un reflet de la beauté des choses Qu’offre le souterrain aux étranges couleurs. Profite du navire, élégante princesse, La fine nef d’argent va tenir ses promesses : C’est à toi de savoir où veut aller ton coeur.
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