Poème
Le bouquet
Et vous m’apporterez des fleurs… oh ! pas en perle Et pas de gerbe riche au feuillage important ! Mais, imprégné d’un chant de fauvette ou de merle, Un vrai bouquet cueilli dans un buisson chantant ; Un bouquet d’aubépine ou de jacinthe blême Dont le parfum vous fit retourner en passant ; Un vrai bouquet que vous aurez cueilli vous-même, Et que vous porterez vous-même en pâlissant. Oui, je veux ce bouquet de cette étrange sorte… Car le plus beau bouquet qu’il se peut que l’on porte, C’est celui dont on perd des fleurs sur le chemin, Et qu’on apporte, un peu défait, au cimetière, Et qu’on dépose, éparpillé, sur une pierre, Parce qu’on le portait d’une tremblante main.
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Tombe de Rosemonde ------------------------- À Passy, sur ta tombe, un médaillon de pierre Par Auguste Maillard, un vrai maître sculpteur. Les oiseaux que l'on voit dans ce beau cimetière Sont de gais compagnons, et d'aimables chanteurs. Rosemonde, tes mots sont chargés de lumière ; Tu nous apprends des fleurs la subtile senteur Et la magie qui danse en un grain de poussière, Ou dans l'ombre du soir qui vient avec lenteur. Tes images, toujours, sont de l'aimable sorte Que tout au long du jour avec soi l'on emporte ; Et cela rend plus beaux les abords des chemins. Je ne t'apporte point de branches ni de feuilles, Ni de tous ces trésors qu'en forêt l'on recueille, Mais ce sonnet que trace une rêveuse main.
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