Poème
La voix du vent
par Maurice ROLLINAT
Les nuits d'hiver quand le vent pleure, Se plaint, hurle, siffle et vagit, On ne sait quel drame surgit Dans l'homme ainsi qu'en la demeure. Sa grande musique mineure Qui, tour à tour, grince et mugit, Sur toute la pensée agit Comme une voix intérieure. Ces cris, cette clameur immense, Chantent la rage, la démence, La peur, le crime, le remord... Et, voluptueux et funèbres, Accompagnent dans les ténèbres Les râles d'amour et de mort.
Commentaires (3)
Planète improbable ------------------------- Cette planète rit et pleure, Puis, fort brusquement, s’assagit ; Une foule de chiens surgit Sans qu’on devine leur demeure. Ici, des vestales mineures Sourient d’un arbre qui mugit ; Un champignon magique agit, Mû par une force intérieure. Les lunes ne sont pas immenses, Mais sont atteintes de démence ; Sitôt que celle-ci les mord, On peut les voir, d’un air funèbre, Emplir l’espace de ténèbres ; Les chiens vont hurlant à la mort.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2016/06/23/planete-improbable/
Dans le vent -------- L’air est humide, le ciel pleure, Le vent jamais ne s’assagit ; Un timide rayon surgit Qui guère longtemps ne demeure. Sur le jardin passent les heures, Le soir vient, le soleil rougit ; Un charme vespéral agit Sur l’herbe que le vent effleure. Tout est dans un désordre immense Sous ces rafales de démence ; Les vivants ont perdu le nord. Quant cesseras-tu, vent funèbre ? Déjà surviennent les ténèbres ; Vent maudit, veux-tu notre mort ?
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