Poème
La tortue
Tortue, ô ma petite sœur, Moi, je sais que tu suis un rêve, Dans le gazon gonflé de sève, Dans le jardin qui sent la fleur. Tous ceux qui n’ont qu’une âme brève N’ont découvert que ta lenteur ; Tortue, ô ma petite sœur, Moi, je sais que tu suis un rêve. Sous l’inoubliable lourdeur De cette écaille, que soulève Le rythme d’un trop faible cœur, Tu rêves d’un monde meilleur, Tortue, ô ma petite sœur !
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Dame Tortue ------------ Dame Tortue a lu jadis de longs ouvrages, Elle y sut dépister les plus fines erreurs ; Elle y prit plus de temps que le lièvre coureur N’en passe en promenade, en vadrouille, en voyage. Comme le boeuf procède au patient labourage, Comme creuse un dossier le digne procureur, Comme garde son cap un robuste barreur, Elle accomplit toujours ses petits nettoyages. Elle goûte la prose, elle aime aussi les vers, Elle peut se plonger dans des sujets divers Et croit que les sonnets ne sont pas inutiles. Mais parfois, il suffit d’un beau nuage au ciel Ou de l’odeur sucrée des tartines de miel Pour mettre aussitôt fin à ce labeur fertile.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2019/09/25/dame-tortue/
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