Poème
L'interprète
par Maurice ROLLINAT
L'inclinaison de ce vieux saule Sur le vieil étang soucieux Que pas une brise ne frôle, A quelque chose de pieux. Et l'on dirait que chaque feuille, Ayant cessé son trémolo, Pompe le mystère de l'eau Et dévotement se recueille. Or, soudain, y perchant son vol, Voici qu'un petit rossignol, Tendre interprète d'aventure, Pour l'arbre adresse à l'Inconnu, Dans un lamento soutenu, La prière de la Nature !
Commentaires (2)
Un bonjour en langue des saules, C'est, en effet, silencieux ; Un frémissement des épaules, Un tremblement malicieux. Un bonjour en langue des feuilles, C'est un peu sourd, comme un sanglot, Comme le clapotis de l'eau, L'oreille à peine le recueille. Grand merci donc au rossignol Qui saisit les bonjours en vol, Comme des mouches qu'il capture ; Ah, tous ces bonjours inconnus ! Que n'avons-nous mieux retenu L'enseignement de la Nature !
Charmant pastiche, Cochonfucius!
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