Poème
Je regardais le ciel...
par Francis JAMMES
De l'Angélus de l'aube à l'Angélus du soir
Je regardais le ciel et je ne voyais que le ciel gris, et un oiseau qui volait haut. Je n’entendais pas un seul cri. Et l’on aurait dit qu’il ne savait où aller dans le ciel mou, et qu’il se laissait tomber, au lieu de voler, comme un caillou. Puis il est parti. — Alors j’ai regardé bas : j’ai vu les toits. Que faisait cet oiseau si haut ? — Je ne sais pas ; mais, cette fois, en regardant ce point noir — je n’avais pensé qu’à ce point noir et qu’au grand ciel gris où ce petit point passait. C’était hier soir. 1889.
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Piaf-Tonnerre un matin rêvait, Un jour de brume ; Au ciel, un corbeau dérivait, Aux noires plumes. Le corbeau se laissait flotter Comme un nuage, Voyant les humains barboter Aux marécages. Corbeau, corbeau, où sont les tiens, Où sont tes frères ? Es-tu donc un corbeau sans liens, Un solitaire ? Le corbeau n'a rien répondu, Car c'était un corbeau tordu.
Ciel de mémoire ------------ Je vois le ciel, je vois des mondes, Mais cela semble ténébreux ; Au ciel les énigmes abondent, Tout ça, pour moi, c’est de l’hébreu. Qui sait sur quoi cela se fonde ? Cela n’est rien de fabuleux ; Dans mon ignorance profonde, Je tiens des propos nébuleux. Mais que faire en cas de détresse ? Si d’un ami la vie s’enfuit, Si son absence nous oppresse ? Je vois le ciel, je vois la nuit, Je vois les images funèbres ; Mais j’y vois mal, dans mes ténèbres.
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