Poème
Depuis qu'Amour ma poitrine recuit
Depuis qu'Amour ma poitrine recuit, Bouillante au feu de sa plus chaude braise De mille ennuis en immortel malaise, Dont maint souci dans moy l'un l'autre suit : J'oubli tout bien pour un bien qui me fuit, Par un plaisir dont la douceur m'embraise, Si bien qu'il faut que nul autre me plaise, Et qu'en luy seul je preigne mon deduit. Mais, las, faut-il pour un bien seulement, Tout autre bien oublier, tellement Que l'on ne puisse en autre prendre joye ? Ô dur plaisir, si plaisir il y a, Par qui mon cueur de sorte s'oublia Qu'onques depuis il ne tint saine voye.
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Un alchimiste en un grand fourneau cuit Cent ingrédients dessus la chaude braise : Un rat fossile, une blatte hollandaise, Un pamplemousse, une branche de buis, Un basilic, un papillon de nuit, Une belette, une hydre japonaise, Un oiseau-mouche, une grenouille anglaise Et d'autres, dont le souvenir me fuit. L'alchimiste a pour un but seulement Cuit ce ragoût aux nombreux éléments : C'est pour faire un gâteau d'anniversaire. Et me direz qu'un tel mets n'est point bon ; Mais pour le faire il avait sa raison : Car le gâteau est pour sa belle-mère.
Dieu des fourneaux -------------------------- Un petit dieu apprend comment l’on cuit Une entrecôte au-dessus de la braise, Comment l’on fait de la sauce hollandaise, Comment servir un souper de minuit. Le contenu d’un saladier de buis Vient s’accorder aux algues japonaises ; Un peu plus loin, ça sent la crème anglaise, Et cette liste encore se poursuit. Le petit dieu est gourmand, seulement, Il se mélange avec les éléments ; Bien des erreurs sont à son ordinaire. C’est déroutant, mais quelquefois, c’est bon ; Quand c’est mauvais, nous prenons du jambon ; Nul n’est parfait, sur le plan culinaire.
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