Poème
A Meline
Mais à qui mieux pourroy-je presenter Ces petits chants, qu'à toy, douce Meline, Mon Eraton, qui la fureur divine Souflas en moy, qui me les fit chanter ? Tu m'i verras une foix enchanter De ta rigueur le souci qui me mine Une autre fois en ta douceur benine Tu me verras gayement contenter. Icy lisant, l'amour qui me tourmente, Tu pourras dire : ah, par si long espace Je ne devoys telle ardeur abuser : Relisant là, tes faveurs, que je chante Eternisant les honneurs de ta face, Tu ne pourras, comme ingrat, m'accuser.
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Petits rois barbus ---------------------- Quels charmants rois ! Faut-il les présenter ? À voir leur barbe, un visiteur devine Qu'ils sont nourris de sagesse divine Et que le barde a droit de les chanter. Se partageant un royaume enchanté, Ces deux larrons font toujours bonne mine ; Quant aux malheurs, oncques ne les ruminent, Mais du présent savent se contenter. Jamais amour charnel ne les tracasse ; Leurs songeries se perdent dans l'espace, Mythes jamais ne les ont abusés. Se reposant, ces quelques vers ils chantent, Mais ils n'y voient nulle attention touchante ; De romantisme, ils ne sont accusés.
Exercice étonnant que ces reprises Assurément de la haute voltige Chaque jour de magnifiques surprises Habileté qui donne le vertige
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