Poème
Vous quiconque allechez des voluptez charnelles...
Mespris de la vie et consolation contre la mort
Vous quiconque allechez des voluptez charnelles Que vous humez, gloutons, en ce cors terrien, Ne pouvez sans horreur dissoudre le lien Qui detient en prison vos ames criminelles : Ainçois tremblants de peur quant les pointes mortelles Taschent vous renvoyer au sejour ancien Dont vous estes issus, ne faittes cas du bien Que la divinité à promis aus fidelles : Venez à gorge ouverte en l’eau de mes discours Puiser contre la mort un asseuré secours Remettant en Dieu seul vostre unique esperance. Icy vous treuverez que le plus seur moyen Pour estre fait du Ciel eternel Citoyen C’est de vivre en Justice, & mourir en constance.
Commentaires (1)
Ambisphinx de sinople ------------------------- L’ambisphinx, ignorant la volupté charnelle, Se croit fort différent des misérables chiens Que Cupidon, parfois, entrave de son lien. Il ne rêve jamais de muses criminelles Qui lui feraient subir une étreinte mortelle : Et son esprit, sans doute, est plus pur que le mien Qui tant de fois, jadis, s’est éloigné du bien, Projetant vainement de se montrer fidèle. L’ambisphinx sait tenir un modeste discours Pour accorder sa grâce, ou promettre un secours, Pour calmer la douleur et rendre l’espérance. Telle est donc le statut de l’ambisphinx moyen, C’est un aimable monstre, un brave citoyen, Et puis, moi, je lui trouve une belle apparence.
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