Poème
Assies toy sur le bort d'une ondante riviere...
Mespris de la vie et consolation contre la mort
Assies toy sur le bort d’une ondante riviere Tu la verras fluer d’un perpetuel cours, Et flots sur flots roulant en mille & mille tours Descharger par les préz son humide carriere. Mais tu ne verras rien de ceste onde premiere Qui n’aguiere couloit, l’eau change tous les jours, Tous les jours elle passe, & la nommons tousjours Mesme fleuve, & mesme eau, d’une mesme maniere. Ainsi l’homme varie, & ne sera demain Telle comme aujour-d’huy du pauvre cors humain La force que le tems abbrevie, & consomme : Le nom sans varier nous suit jusqu’au trespas, Et combien qu’au jour-d’huy celuy ne sois je pas Qui vivois hier passé, tousjours mesme on me nomme.a
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Un coin tranquille ------------------ Deux ou trois vieux bouquins au bord d'une rivière ; L'amphore rafraîchie au fond de l'eau qui court, Les voix de la forêt qui chantent tour à tour. Ni drame familial, ni souci de carrière. L'ermite, retrouvant l'innocence première De notre père Adam, laisse passer les jours Qui, dans ces conditions, ne lui sont point trop lourds, Lisant, goûtant son vin, sans faire de manières. Son coeur n'est point chargé du soin des lendemains ; Il planifie un peu, cependant (c'est humain) ; Même, il fait son métier, il produit, il consomme ; Mais il est plus heureux quand il n'y songe pas : D'une saine lecture et d'un frugal repas, L'ermite est plus heureux que le pape dans Rome.
Retouche au premier vers du deuxième tercet : "Mais ces obligations ne l’emprisonnent pas : "
Planète Hrossandra -------------------- Quand un démon survient, descendant la rivière, Tu verras le chasseur, porteur d’un sabre court ; Ses compagnons et lui frapperont tour à tour Et fort brève sera du monstre la carrière. L’atmosphère a gardé sa pureté première, Ce monde est pacifique ainsi qu’aux premiers jours ; Les travaux quotidiens ne nous sont point trop lourds, Car nous sommes le peuple aux rustiques manières. Un visiteur y vint, héros sans lendemain, Affirmant calmement sa dignité d’humain ; Ce n’est qu’un théomorphe, il est ce que nous sommes. De son maintien tordu, ne lui en veuillons pas, Laissons-le prendre part à nos plaisants repas ; Ce qui est bon pour nous sera bon pour cet homme.
Au gré du fleuve ------ Ayant descendu la rivière, Du fleuve je rejoins le cours ; Sereine est la clarté du jour, Les eaux boivent cette lumière. Quelques ondines familières Viennent se montrer tour à tour ; Bien sommaires sont leurs atours, Bien rustiques sont leurs manières. Conversations sans lendemain, Un peu de drague, c’est humain ; La routine du jour, en somme. Les ondines ne restent pas, Car c’est l’heure de leur repas ; Elles vont manger, loin des hommes.
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