Poème d’un membre
Un grand champ de jonquilles
par JuCharline83Membre
J'avais l'air pur au milieu des feuillages, A fuir autant la ville que les filles. Dans mes poches s'entrechoquaient des billes, Comme la myriade de coquillages Que je passais mes journées à troquer, Sans songer que parmi les feuilles fines, Chantait une fille sous l'aubépine, Non loin des feuillées où je m'embusquais. Enfant, je restais à me promener Des heures dans une forêt de charmes. Aux premiers froids venus j'étais sans arme Et nu comme le jour où je suis né. Je quittais l'arbre vert que j'aimais tant, Aux premiers froids, engourdi, je pleurais Auprès de cet arbre de la forêt Qu'on disait noire mais que j'aimais tant. Je rentrais dans un monde froid, troublant; Au delà de mes lisières, en pleurs, Je ne sentais le pouls ni de mon coeur Ni de la terre sous les bâtiments. Me sentant pour le moins loin des sous-bois, Je rêvais à un grand champ de jonquilles, Comme plus tard à ta venue ma fille, Je rêvais à la quiétude des bois, Au concert tendre et joyeux des oiseaux, Aux prairies sauvages qui me manquaient, Et qui se constelleront en bouquets Avec du soleil et des gouttes d'eau. Je rêvais, sans sortir de ma coquille, Mieux valait me perdre dans le couloir Des filles, mais je larguais mes amarres Pour courir dans un grand champ de jonquilles.
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