Poème
Sur la croupe d'un mont je vis une fabrique
Sur la croupe d'un mont je vis une fabrique De cent brasses de haut : cent colonnes d'un rond Toutes de diamant ornaient le brave front : Et la façon de l'oeuvre était à la dorique. La muraille n'était de marbre ni de brique Mais d'un luisant cristal, qui du sommet au fond Elançait mille rais de son ventre profond Sur cent degrés dorés du plus fin or d'Afrique. D'or était le lambris, et le sommet encor Reluisait écaillé de grandes lames d'or : Le pavé fut de jaspe et d'émeraude fine. O vanité du monde ! un soudain tremblement Faisant crouler du mont la plus basse racine, Renversa ce beau lieu depuis le fondement.
Commentaires (2)
Forteresse des méduses rouges -------------------------------------- Personne ne va voir ce qu’elles y fabriquent ; Peut-être, simplement, chacune y tourne en rond. Comme il vaut mieux ne pas les regarder de front, Nous ne fréquentons pas leur demeure historique. Ayant dressé les murs à grand renfort de briques, Ayant tout entouré d’une fosse sans fond, Elles hantent la salle aux élégants plafonds Où le peintre évoqua leurs exploits en Afrique. Lorsque survient la nuit, chacune d’elles dort Dans un lit dont les draps sont tissés de fil d’or ; Dessus, la couverture est de dentelle fine. Je ne puis évoquer sans quelques tremblements La vie de tous les jours en ce palais dément ; Bien meilleure y serait la plume de Racine.
Le navire onirique --------------------- Avez-vous vu passer le navire onirique Qui danse sur les flots quand le vent tourne en rond ? Au vieux Poséidon il aime faire front, La tourmente le met dans une humeur lyrique. Mais parfois il s’arrête à l’abri d’une crique Où l’on a seulement quelques mètres de fond ; Des signes dans le ciel se font et se défont, Des oiseaux merveilleux se rendent en Afrique. Au fond de son hamac le capitaine dort, Le second du vaisseau compte des pièces d’or ; La falaise est polie comme une ardoise fine. La sirène contemple avec des tremblements Les jolis matelots du navire dément ; Un amour ineffable en son coeur s’enracine.
Connecte-toi pour laisser un commentaire.