Poème
Souvent, le front posé sur tes genoux...
par Charles GUÉRIN
Souvent, le front posé sur tes genoux, je pleure, Plus faible que ton coeur amoureux, faible femme, Et ma main qui frémit en recevant tes larmes Se dérobe aux baisers de feu dont tu l'effleures. " Mais, dis-tu, cher petit enfant, tu m'inquiètes ; J'ai peur obscurément de cette peine étrange : Quel incurable rêve ignoré des amantes L'Infini met-il donc au coeur de ces poètes ? " Il ne faut plus parler, ma bien-aimée. Ah ! laisse... La douceur de tes doigts à mes tempes me blesse. Sache qu'il est ainsi d'immenses nuits d'étoiles Où j'implore, malgré mon coeur, que tu t'éloignes, Où ta voix, tes serments, ta bouche et ta chair nue Ne font qu'approfondir ma détresse inconnue.
Commentaires (2)
=== George Meredith voit des larmes === * * * Mon coeur me dit que sans dormir ton âme pleure Quand d'une main ton beau visage en un sursaut Est effleuré (je sens qu'il mourut un sanglot Qui sombre murmurait dans le lit tout à l'heure), * C'est un petit serpent qu'on étrangle. Oh, qu'il meure ! Ce serpent est mortel pour l'auteur de ces mots. Dans l'immobilité tu écoutes le flot Dont les coeurs qui sont sourds à minuit savent l'heure * Du milieu divisant la mémoire et les larmes, Buvant le gris et sourd et lent poison qui bat Une lourde mesure au sommeil sans ébats, Contemplateur des ans qui moururent sans charme. * Un vain regret pourtant qui ces deux coeurs désarme Les fixe sur le mur, où ils semblent des bas- Reliefs, ou des gisants qui ne se touchent pas : Une épée gît entre eux, mais mourir de cette arme ?
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/07/28/meredith-again/
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