Poème
Sonnet : Quelquefois, au milieu de la folâtre orgie...
L’homme n’est rien qu’un mort qui traîne sa carcasse. DU MAY. Fronti nulla fides. Quelquefois, au milieu de la folâtre orgie, Lorsque son verre est plein, qu’une jeune beauté Endort son désespoir amer par la magie D’un regard enchanteur où luit la volupté, L’âme du malheureux sort de sa léthargie ; Son front pâle retrouve un rayon de gaîté, Sa prunelle mourante, un reste d’énergie ; Il sourit, oublieux de la réalité. Mais toute cette joie est comme le lierre Qui d’une vieille tour, guirlande irrégulière, Embrasse en les cachant les pans démantelés ; Au dehors on ne voit que riante verdure, Au dedans, que poussière infecte et noire ordure, Et qu’ossements jaunis aux décombres mêlés.
Commentaires (1)
Vieille tour --------- J’habite un lieu déshérité, Le soir j’allume trois bougies ; Ici n’est aucune magie, C’est un logis sans volupté, Pourtant, dans cette léthargie, Survit un rayon de gaîté ; De la grise réalité Surgit une douce énergie. Derrière ses murs lourds de lierre, La tour est presque hospitalière ; Élégants sont ses vieux piliers. Au jardin se mêlent verdure Et plantes mortes qui perdurent ; Ce désordre m’est familier.
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