Poème
Sire, celui qui est a formé toute essence
Sire, celui qui est a formé toute essence De ce qui n'était rien. C'est l'oeuvre du Seigneur : Aussi tout honneur doit fléchir à son honneur, Et tout autre pouvoir céder à sa puissance. On voit beaucoup de rois, qui sont grands d'apparence : Mais nul, tant soit-il grand, n'aura jamais tant d'heur De pouvoir à la vôtre égaler sa grandeur : Car rien n'est après Dieu si grand qu'un roi de France. Puis donc que Dieu peut tout, et ne se trouve lieu Lequel ne soit enclos sous le pouvoir de Dieu, Vous, de qui la grandeur de Dieu seul est enclose, Elargissez encor sur moi votre pouvoir, Sur moi, qui ne suis rien : afin de faire voir Que de rien un grand roi peut faire quelque chose.
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De sable et d’or -------------- En un pays de sable est la solaire essence Par quoi le loup d’argent s’est fait Maître et Seigneur ; Et tout autre que lui en tirerait honneur, Mais ce Sable est désert, et nulle est sa puissance. Meubles au pays d’or sont de folle apparence : Une écharpe d’hermine, un lézard maraudeur, Une foudre d’azur, un mouflon baroudeur, Tous de la fantaisie d’un blasonneur de France. Serait-ce l’anarchie qui triomphe en ces lieux ? Ou, de cet univers étalé sous tes yeux, Pouvons-nous établir une chronique brève ? Lecteur, la solution se trouve en ton pouvoir : De n’y mettre aucun sens, ou de tâcher d’y voir Le Paradis, l’Enfer ou l’endroit de tes rêves.
Dominus Lupus ------------ Son vaste territoire est en déliquescence, Car ce loup vieillissant n’est qu’un faible seigneur ; Il se souvient d’avoir connu des jours meilleurs, Lui est de très noble et d’auguste naissance. Il ne prend même plus soin de son apparence, « Tout le monde s’en fout », dit-il avec candeur ; De royaux ornements il n’est plus demandeur, Vis-à-vis de lui-même il est en déshérence. Mais moi je l’aime bien, le seigneur de ces lieux, Car il n’a rien perdu de sa grâce à mes yeux ; Puis, toujours il nous sort ses amusantes brèves. Qu’importe la splendeur, qu’importe le pouvoir, Sirènes du triomphe, allez vous faire voir ; Nous en eûmes assez, tout cela n’est qu’un rêve.
Dominus Leo ------------ De dormir tout un jour il se donne licence, Ce roi sans volonté, ce paresseux seigneur ; Il dit que ce plaisir est de tous le meilleur, Son épouse en convient, mais avec réticence. Le peuple désapprouve une telle carence, Et le grand mage aussi, de démons pourfendeur ; Personne ne respecte un tel maître glandeur, Un chef plus énergique aurait leur préférence. Nul parmi les voisins ne convoite ces lieux, Car ces parages sont trop pauvres, à leurs yeux ; Donc, le roi fainéant peut rester dans ses rêves. Le mage n’y peut rien, malgré tout son savoir, Il s’obstine pourtant, par pur sens du devoir ; Et cette hypersomnie le tourmente sans trêve.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2015/01/19/de-sable-et-dor/
Roi ds cygnes -------- Volatile de noble essence, C’est un cygne et c’est un seigneur ; Tu n’en verras pas de meilleur, C’est lui qui sert de référence. De son âme, la transparence Est un signe de profondeur ; Les oiselles, pour sa grandeur Manifestent leur préférence. Il est le maître de ces lieux Et c’est par la grâce de Dieu ; Aucun opposant, même en rêve. L’exercice de son pouvoir Est respectueux du devoir ; Il travaille à la paix, sans trêve.