Poème
Autant comme l'on peut en un autre langage
Autant comme l'on peut en un autre langage Une langue exprimer, autant que la nature Par l'art se peut montrer, et que par la peinture On peut tirer au vif un naturel visage : Autant exprimes-tu, et encor davantage, Avecques le pinceau de ta docte écriture, La grâce, la façon, le port et la stature De celui qui d'Énée a décrit le voyage. Cette même candeur, cette grâce divine, Cette même douceur et majesté latine Qu'en ton Virgile on voit, c'est celle même encore Qui française se rend par ta céleste veine. Des Masures sans plus, à faute d'un Mécène Et d'un autre César, qui ses vertus honore.
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Langue d’oie ----------------- Quel est donc son langage ? Il est inusité. Quant à l’interpréter, nul n’en a la puissance, On ne sait pas s’il est d’extraterrestre essence Ou bien s’il est dicté par une déité. Il s’est étrangement de syntaxe acquitté, Et sa morphologie manque un peu de constance ; Quant à la sémantique, elle est en résistance, La pragmatique aussi n’est que fatalité, Nous n’en disons pas plus, attendu que nous sommes Ignorants tout autant que sont les autres hommes, Car la forme des mots dépend des locuteurs ; Mais ce langage-là n’est pas de fantaisie, C’est sûr que sa finesse,une fois bien saisie, Serait à la portée du moindre instituteur.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2018/05/03/langue-doie/
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