Poème
Si mille oeillets, si mille liz j'embrasse
Si mille oeillets, si mille liz j'embrasse, Entortillant mes bras tout à l'entour, Plus fort qu'un cep, qui d'un amoureux tour La branche aimée, en mille plis enlasse : Si le soucy ne jaunist plus ma face, Si le plaisir fait en moy son le jour, Si j'aime mieux les Ombres que le jour , Songe divin, ce bien vient de ta grace. Suyvant ton vol je volerois aux cieux : Mais son portrait qui me trompe les yeux, Fraude tousjours ma joye entre-rompue. Puis tu me fuis au milieu de mon bien, Comme un éclair qui se finist en rien, Ou comme au vent s'évanouyt la nuë.
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Mille racines -------- L’arbre s’étale dans l’espace, Dont le tronc nous semble une tour ; De feuilles sont ses beaux atours Qui la plus fine soie surpassent. Différente est son autre face, Occupant un obscur séjour ; Les racines, sans voir le jour, Forment une vaste surface. Les branches montent vers les cieux Où sont les anges et les dieux ; C’est grâce à leurs soeurs souterraines. Le grand arbre les aime bien ; Il ne les privera de rien, Lui qui les tient pour souveraines.
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