Poème
Si j’avais, sous ma mantille
Si j’avais, sous ma mantille, Cet œil gris de lin, Et cette svelte cheville Dans mon svelte brodequin ; Si j’avais ta morbidesse, Tes cheveux dorés, Retombant en double tresse Jusque sur mes reins cambrés ! Si j’avais, ô ma pensée, Dans mon corset blanc, Ta blonde épaule irisée D’un duvet étincelant ! .................................. .................................. .................................. .................................. Enfin si je semblais faite Pour donner la loi, Je serais une coquette Plus coquette encor que toi ! Je voudrais être une reine Fière comme un paon, Dont on aurait grande peine A baiser le bout du gant. Je ne serais pas de celles, Froides à moitié, Qui, d’abord, font les cruelles, Et puis après ont pitié. Je serais une tigresse, Rebelle aux amours, Cachant la griffe traîtresse Dans ma patte de velours ! Je ferais souffrir aux âmes Mille bons tourments, Et je vengerais les femmes De tous leurs fripons d’amants ; Et sans l’éventail qui cache Deux beaux yeux moqueurs, Je rirais, sur leur moustache, De leur flamme et de leurs pleurs ; Et je passerais ma vie A les désoler, Et je serais si jolie Qu’il leur faudrait bien m’aimer ! Et puis, si d’aimer l’envie Un jour me prenait, Je n’aurais de fantaisie Que pour celui qui dirait : « Si comme toi j’étais faite Pour donner la loi, Je serais une coquette, Plus coquette encor que toi ! » Aime-moi donc, ma Paulette, O mon blond trésor ! Aimer un fat ? toi, coquette ! Ce sera t’aimer encor !
Commentaires (1)
Si j'étais une gazelle Aux savanes gambadant ; Si les lions, me trouvant belle, Aiguisaient leurs longues dents... Magie d'un petit poème, Tu deviens ce que tu veux ; Tu fais de ceux que tu aimes Des animaux fabuleux.
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