Poème
Chanson
Oui ! restons masqués pour le monde ! Il ne vaut pas ce qu’il verrait Dans notre intimité profonde, S’il en surprenait le secret ! Il en abuserait, sans doute ; Il est si cruel et si bas ! Ma Clara, pour toi je redoute Ce que, toi, tu ne connais pas ! Toi, tu ne connais de la vie Que ce qu’en a rêvé ton cœur… Mais moi, Clara, je m’en défie… Je sais ce qu’elle a de menteur. Je sais combien font de blessures Les cœurs jaloux aux cœurs heureux… Nos masques seront nos armures ! Masquons-nous, Clara, tu le veux ! Glace tes yeux charmants que j’aime ; Fais mieux, ma Clara ! — remplis-les De dédain, de cruauté même… Ris de moi, je te le permets ! Que jamais on ne puisse dire : « Voyez ! ils se font les yeux doux ! « Ils ont l’un sur l’autre un empire… » Masquons-nous, Clara, masquons-nous ! Tu n’en seras pas moins charmante, Et peut-être que tu seras, Fausse, encore plus enivrante, Et que mieux tu m’enivreras ! Le charme est si grand, du mystère ! Aux fronts blancs sied le masque noir… Mentir, c’est mieux que de se taire ; Se savoir, c’est plus que se voir !
Commentaires (2)
Miroir déconcertant ------------------------ Miroir ne montrant pas le monde, Mais peut-être, un sage y verrait Un peu de vérité profonde Et quelques fragments de secrets. Miroir ne montrant pas la vie, Juste des battements de coeur ; Un tel miroir, je m'en défie, Sans doute, il est un peu menteur. Miroir producteur de mystère, Peut-on s'en servir dans le noir ? Comme un oiseau qui sait se taire, Ou le lézard qu'on ne peut voir.
Voir aussi https://paysdepoesie.wordpress.com/2015/11/16/miroir-deconcertant/
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