Poème
Rêve d'une nuit d'hôpital
par Émile NELLIGAN
Émile Nelligan et son œuvre - Petite Chapelle
Cécile était en blanc, comme aux tableaux illustres Où la Sainte se voit, un nimbe autour du chef. Ils étaient au fauteuil Dieu, Marie et Joseph; Et j'entendis cela debout près des balustres. Soudain au flamboiement mystique des grands lustres, Éclata l'harmonie étrange au rythme bref, Que la harpe brodait de ses sons en relief... Musiques de la terre, ah ! taisez vos voix rustres !... Je ne veux plus pécher, je ne veux plus jouir, Car la sainte m'a dit que pour encor l'ouïr, Il me fallait vaquer à mon salut sur terre. Et je veux retourner au prochain récital Qu'elle me doit donner au pays planétaire, Quand les anges m'auront sorti de l'hôpital.
Commentaires (1)
Amour nelliganien ---------------------- Émile voit en rêve une dame charmante, Avec grande douceur il en est regardé ; Sur son dernier sonnet la vierge complimente Le délicieux auteur, par les muses guidé. Lui faisant oublier le mal qui le tourmente, L'angélique harmonie calme un coeur saccadé ; On lit dans le regard de la sainte clémente Le pardon pour l'enfant, de l'école évadé. Émile cependant de ses yeux ne la quitte, Tel un flâneur ayant trouvé une pépite D'or au fond d'un torrent dévalant à grands traits ; Tel un insecte pris dans l'amour d'une flamme, Il voudrait que jamais ne parte cette dame Qui pour lui seul, le soir, au dortoir apparaît.
Connecte-toi pour laisser un commentaire.