Poème
La Mort du moine
par Émile NELLIGAN
Émile Nelligan et son œuvre - Petite Chapelle
Voici venir les tristes frères Vers la cellule où tu te meurs. Ton esprit est plein de clameurs Et de musiques funéraires. Apportez-lui le Viatique. Saint Bénédict, aidez sa mort ! Bien que faible, faites-le fort Sous votre sainte égide antique. Ainsi soit-il au cœur de Dieu ! Clément, dis un riant adieu Aux lien impurs de cette terre. Et pars, rentre dans ton Espoir. Que les bronzes du monastère Sonnent ton âme au ciel ce soir !
Commentaires (3)
Quand je devrai quitter mes frères (Car il est un temps où l'on meurt), Mon âme sera sans clameurs Et sans images funéraires. Ne dites le mot « viatique » Que si vous craignez votre mort ; Servez-moi du café bien fort Et deux ou trois blagues antiques. Ainsi, adossé dans mon pieu, Je ferai à tous mes adieux ; Je sais que les morts, sous la terre, N'ont souffrance ni désespoir. Plus calme que des monastères Sont les tombeaux, quand vient le soir.
C'est quand la Saint-Patrick ? Parce que le jour de trique Je manque de pratique ... A la mort faire la nique -
Nef oblique ---------- Pilotée par un de ses frères, La nef porte un moine qui meurt ; Leur silence est une clameur Sur cette barque funéraire. L’Ecriture est leur viatique, Ce livres de leçons de mort ; Cet ouvrage est un peu trop fort Pour soigner des penseurs antiques. Les moines sont sans feu ni lieu, Au confort ils ont dit adieu ; Leur esprit devient solitaire. Mais ils ne sont pas sans espoir ! Même si, dans leur monastère, On n’y danse jamais, le soir.
Connecte-toi pour laisser un commentaire.