Poème
Résignation
par Paul VERLAINE
Tout enfant, j'allais rêvant Ko-Hinnor, Somptuosité persane et papale Héliogabale et Sardanapale ! Mon désir créait sous des toits en or, Parmi les parfums, au son des musiques, Des harems sans fin, paradis physiques ! Aujourd'hui, plus calme et non moins ardent, Mais sachant la vie et qu'il faut qu'on plie, J'ai dû refréner ma belle folie, Sans me résigner par trop cependant. Soit ! le grandiose échappe à ma dent, Mais, fi de l'aimable et fi de la lie ! Et je hais toujours la femme jolie, La rime assonante et l'ami prudent.
Commentaires (1)
Innombrables trésors ------------------------ Verlaine voit un décor D'argent, de nacre et d'opale ; De verres pleins à ras bord, De fruits et d'esclaves pâles, De chansons et de musique, Même, de métaphysique. Son désir se fait ardent, Au réel plus ne se plie ; Et le voici gambadant Au gré d'une vraie folie. Pourquoi serait-il prudent ? Cette muse est trop jolie.
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