Poème
Rencontres
par Robert DESNOS
C'est les bottes de 7 lieues cette phrase « Je me vois »
À Jacques Baron Passez votre chemin ! Le soir lève son bâton blanc devant les piétons. Cornes des bœufs les soirs d’abondance vous semez l’épouvante sur le boulevard Passez votre chemin ! c’est la volute lumineuse et contournée de l’heure Lutte pour la mort. L’arbitre compte jusqu’à 70. Le mathématicien se réveille et dit « j’ai eu bien chaud ! » Les enfants surnaturels s’habillent comme vous et moi. Minuit ajoute une perle de fraise au collier de Madeleine et puis on ferme à deux battants les portes de la gare. Madeleine, Madeleine ne me regarde pas ainsi un paon sort de chacun de tes yeux. La cendre de la vie sèche mon poème. Sur la place déserte l’invisible folie imprime son pied dans le sable humide. Le second boxeur se réveille et dit « j’ai eu bien froid » Midi l’heure de l’amour torture délicatement nos oreilles malades. Un docteur très savant coud les mains de la prieuse en assurant qu’elle va dormir. Un cuisinier très habile mélange des poisons dans mon assiette en assurant que je vais rire. Je vais bien rire en effet. Le soleil pointu les cheveux s’appellent romance dans la langue que je parle avec Madeleine. Un dictionnaire donne la signification des noms propres : Louis veut dire coup de dés André veut dire récif Paul veut dire etc. Mais votre nom est sale : Passez votre chemin !
Commentaires (1)
Quelques cornes --------------------- Corne d'argent, vieux luminaire, De l'aube le préliminaire ! Corne de sable, astre inconnu, Le ciel par toi est mis à nu. Corne de sinople, exotique,, On te vend cher dans les boutiques. De gueules corne, étrange objet, Tu favorises les projets ; Corne d'azur, corps peu plausible Ton éclipse est imprévisible. Corne d'or, imposant récif, Nous admirons ton tronc massif.
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